SERIE A L'ETUDE:

 

HUMAN LAB.

 
Une série qui met en parallèle Ciblage marketing et réseaux sociaux dans une course contre la montre. Contre la vie. Pas un polar, non, une comédie...
 
Le Pitch: 
 
LE PERSONNAGE PRINCIPAL :
Iris, bientôt 35 ans, ni belle, ni moche mais cerveau surinvesti...
Humour franchement décalé...
Anthropologue devenue analyste de marché au service du marketing.
Passe ses journées à étudier le comportement de groupes.
Et son temps libre à essayer de s'y intégrer sans se prendre les pieds dans le tapis...
Une grosse tuile dans sa vie la pose dans l'urgence de trouver l'Homme qui pourra lui faire un enfant... 
Elle va mettre ses capacités d'analyse de toutes les formes de réseaux sociaux au service de cette recherche...personnelle...un poil perturbante...
 
LE PRINCIPE:
Dans chaque épisode : un parallèle entre le produit à vendre et la nouvelle forme de rencontre qu'Iris va expérimenter va nous faire pouffer, glousser, enfin...rire.
 
La série peut-être longue...
A chaque produit, une nouvelle offre de rencontre.
Iris passe de l'un à l'autre
Traite sa vie comme elle traite les produits qu'on lui confie et expérimente toutes les formes de réseaux pour résoudre son gros problème personnel.
Le potentiel humoristique est énorme.
Offrir au spectateur de vivre toutes les expériences possibles, de multiplier les rencontres et les situations mais aussi de voir, analyser, décortiquer, séquencer par une agence de marketing toutes les façons de vendre et de se vendre...
 
Ça risque de lui plaire... En plus des aventures d'Iris, il a la possibilité de se mettre dans le cerveau de ceux qui conditionnent sa façon de consommer
 
Pour nous aider : 
Romain, son nouveau stagiaire, geek altermondialiste qu'elle appelle en secret Absolem avec son empathie so coooool pour la planète et sa boucle d'oreille en os...
Son boss en noeud pap. et pape de la modélisation. Intelligence fulgurante qui crispe Iris et la fascine à part plus ou moins égale...
Clémence, sa copine tradi., Cerise, la dingue. Caroline, la masseuse Vietnamienne, Hanish, le philosophe livreur de sandwichs bio. et tous les autres. Tous ceux qui vont nous faire poiler en nous parlant de tous les humains qui consomment, s'aiment, se faufilent et se défilent sur cette terre. 
 
INTENTIONS: 
Lorsque nous avons commencé à travailler sur Human Lab, notre objectif était de traiter avec humour deux graves sujets qui frappent tous nos contemporains un jour ou l'autre : 
 
Comment vendre. 
Se vendre,  soi même, ses produits, ses idées, sa région, ...
 
Comment ne pas être seul.
Faire parti d'un réseau. Et même de plusieurs. Brasser. Croiser. Se mélanger...
Et pourquoi pas, se reproduire...
 
Le marketing et l'agence où travaille notre héroïne, nous permet de parler de tout. A travers tous les produits, donc toutes les classes et toutes les générations de consommateurs. Comme Tintin : de 7 à 77 ans, ( enfin un peu plus maintenant...97 ?....)))
De la Fashion victim à la " desesperate house washer " en passant par le bio sceptique ou encore le retraité inquiet de savoir qu'il lui reste à financer 40 ans de sa propre existence...Personne n'échappe au Scan des marqueteurs ni surtout à ceux qui les engagent.
 
La solitude. 
La solitude est obsolète, archaïque, INEXCUSABLE. Presque pire que la plus pire des maladies...Exit les exclus, les misanthropes indécrottables, les timides et les renfermés. Ils n'ont plus de place nulle part et surtout plus d'excuses...Solitaire et looser sont devenus synonymes. Quitte à ce que leur vie se déroule entre clavier et écran. 
 
Les réseaux sociaux.
Forme moderne et protéiforme de communication non physique.
Du site de rencontre, ce ceux où l'on s'inscrit pour trouver l'Amour, ou juste régler sa petit montée d'hormone, échanger sur les baies de Goggi ou trouver une mère porteuse, le champ des possibles est illimité. Les pratiques également. Tous ces réseaux sont l'antésolitude 
On y croise donc tout le monde. Parce que tout le monde y passe, y traine, se retrouve, se met en scène, se congratule ou s'invective, et même parfois se donne rendez-vous...
Et plus si affinités. 
 
L'UNIVERS
Autant de situations comiques basées sur la vraie vie.
La vie au bureau, en soi, un déjà microcosme sociétal...
La vie dans l'appartement d'une trentenaire célibataire hyper connectée, ses tics et ses tocs...
La vie dans les soirées, speed dating, attractive world, repas silencieux etc etc
 
 
EPISODE 0
 
DOCTEUR NIKRAPANIK
 
INT. JOUR
CHAMBRE DESIGN TRES EPURÉ. 
Calendrier d'Iphone
Un doigt fait défiler les semaines à toute vitesse et s'immobilise sur l'événement : Ragnagna. 
Le doigt s'esclaffe :
- Putain, 2 mois ! Merde !
Tout en continuant à répéter merde, le doigt toujours sur l'écran, ouvre safari, tape gynéco paris 9 puis tape sur le n° du premier qui apparait : le Dr Nikrapanik.
- Secrétariat du Dr Nikrapanik, ne quittez-pas.
La caméra recule pour nous faire découvrir Iris. Jeune femme d'une trentaine d'année à la beauté ordinaire mais au port élégant. Elle est habillée simple et efficace dans de belles matières souples. Le seul élément vraiment féminin de sa tenue consiste en un foulard Hermés savamment noué dans ses cheveux.
Pendant qu'elle attend, elle grimpe sur un vélo d'appartement et commence à pédaler.
 
 
INT. JOUR
CABINET DU DR NIKRAPANIK
Le Dr Nikrapanik, petit homme replet et peigné à l'emporte pièce, est absorbé par sa lecture. Il est tassé derrière un bureau submergé de paperasses et fournitures en tous genres. Les murs disparaissent derrière un amoncellement de paysages à l'huile assez maladroits, visiblement " Home Made " et d'affiches professionnelles. On aperçoit Iris en train de se déshabiller derrière le paravent calé par un bottin sans âge qui dissimule la table d'examen. 
 
Coupe
 
Vu du point de vue d'Iris, la tête du Dr entre ses 2 genoux. Celui-ci se penche pour saisir un speculum. Iris se redresse vivement
- C'est quoi ça ?
- Détendez-vous Mademoiselle, ceci est un speculum vaginal qui facilite l'examen.
Iris se rallonge, l'esprit visiblement ailleurs. Elle fixe une des croutes accrochées au mur. L'image devient flou remplacée par l'image de plusieurs instruments inspirés du speculum. Un en métal, un autre en plastique rose fluo, un troisième très techno avec plein de capteurs partout, le dernier n'est qu'un vulgaire pied à coulisse.
On entend la voix du Dr anoncer
- Vous pouvez vous rhabiller Mademoiselle.
 
Coupe
 
Iris s'assoie face au Dr Nikrapanik, tout en finissant de s'ajuster.
Celui-ci lève le nez vers elle et la regarde d'un air peu embarrassé.
- Pas bon...c'est pas bon tout ça Mademoiselle...
Iris se raidit : 
- Mais encore ?
- Quel âge avez-vous, Mademoiselle ?
A chaque fois qu'il prononce ce " Mademoiselle ", on sent comme une certaine contrariété.
- 34 ans.
- Et bien sûr, vous n'avez pas d'enfant ?
On sent qu'Iris se contient pour ne pas réagir à ce " bien sûr " méprisant
- Non, bien sûr.
- Et vous comptiez en avoir ?
- ComptIez ?
- Oui, Mademoiselle. Je crains que vous ayez bien entendu. La vie est comme la grammaire...elle compte avec l'imparfait...
Iris commence à bouillir face à ces énigmes de vieux sphinx tout en étant traversée d'inquiétudes.
- A quel âge avez-vous eu vos premières règles ?
Iris écarquille les yeux 
- Un peu avant mon premier Discman...
Le Dr lève un oeil impatient sur elle ?
- Je vous demande pardon ?
- Mon premier lecteur de CD portable, l'ancêtre de l'Ipod quoi,
Avisant l'exaspération qui gagne le Dr, Iris lui répond enfin : 
- 1994
- Douleurs particulières ?
- Douleurs partagées par toutes les femmes de la planète...on s'en accommode, si vous voyez ce que je veux dire...heureusement, ça permet de sécher les cours de gym...
Le Dr pousse un profond soupir
- Régulières ?
- Lunaires, mais...avec des éclipses, je dirais...
Le Dr lève la tête et la fixe, sur le point de faire un commentaire mais se ravise.
- Etes-vous sujette à des bouffées de chaleur Mademoiselle ?
- Oui, oui, j'ai la température instable Docteur
- Savez-vous si votre mère a suivi un traitement médical pendant sa grossesse ?
Après un moment de flottement, Iris foudroie le Dr du regard et égrène sa réponse avec une lenteur appuyée : 
- Auriez-vous l'extrême courtoisie de m'expliquer en quoi la grossesse de ma mère influerait-elle sur les potentielles miennes ?
Le Dr, qui tient enfin sa revanche face à la désinvolture d'Iris, la laisse mariner un instant : 
- J'y viens Mademoiselle, j'y viens.
S'absorbant dans la contemplation d'une des croûtes suspendues au mur, il ajoute, comme pour lui-même : 
- Les jeunes femmes de votre génération sont si pressées de devenir des hommes qu'elles en oublient de faire des enfants...
Elevant la voix en se tournant vers Iris, il laisse tomber : 
- OR, Mademoiselle, les plus beaux enfants se conçoivent à 20 ans ...et non à 40...  
Il lève la main signifiant à Iris prête à réagir, qu'il n'a que faire de ses commentaires et la fixe de nouveau de son regard trouble :
- La fécondité d'une femme est optimale à 20 ans, ensuite, elle ne cesse de décroître....la votre est curieusement celle d'une femme en pré-ménopause...
Iris se redresse et va pour l'interrompre, mais de nouveau la main du Dr se dresse et, son éducation reprenant le dessus, Iris le laisse continuer :  
- Vous avez une formation scientifique apparemment, alors, NON, il ne s'agit pas d'une erreur de laboratoire et OUI les seules explications possibles sont, soit la prise d'un certain médicament, le Distilbine pour ne pas le nommer, alors que votre mère vous attendait, soit un syndrome de dégénérescence dont on ignore encore s'il est lié ou non au dit médicament.  
Iris encaisse l'information en se tassant à son tour au fond de son fauteuil, comme assommée.
Le Dr reprend sans manifester le moindre affect.
- Dégénérescence irréversible...Savez-vous si votre mère était ... sujette à des fausses-couches ?
Et là, contre toute attente, Iris a les larmes qui lui monte aux yeux.
Le Dr Nikrapanik se remet à feuilleter ses documents, comme se désintéressant de la scène.
Alors qu'Iris fait un effort considérable pour se reprendre, Nikrapanik, sans lever les yeux de ses documents, lui indique une boite de Kleenex publicitaire posée en équilibre sur le coin de son bureau. Elle en saisit un et se mouche comme une petite fille en retenant un hoquet.
En inspirant de toutes ses forces, elle lâche :
- Maman a perdu Pilou, enfin mon frère ainé. Elle était presque à terme.
Nikrapanik la fixe à nouveau, satisfait :
- Très bien, très bien...
Iris, les yeux encore mouillés de larmes, prend appuie sur les accoudoirs de son fauteuil pour se mettre bien en face du toubib et lui jette : 
- Ah vous trouvez ça très bien, et même très bien, très bien ? Vous ... êtes là pourquoi au juste ? Pour juger ?  Donner des leçons ?  Hippocrate, ça vous sonne une cloche ? C'est ça que vous avez juré le jour de votre diplôme ? 
Elle prend un ton solennel et se lève en posant la main sur le Vidal du Dr
- Je jure d'être désagréable avec mes patients, voire humiliant, je discriminerai les jeunes et les moins jeunes ...C'est quoi votre problème avec les enfants : ceux qui sont morts, ceux qu'on devrait faire, ceux qu'on va faire...Vous êtes là pourquoi vous au juste ? Pas pour l'argent visiblement ! D'un grand geste de la main, elle montre le cabinet.
- Alors quoi ?
Elle se lève et s'empare du calendrier publicitaire qui sert de sous-main au Dr.
- Vous voyez là, regardez ! DEUX MILLE QUATORZE c'est écrit, pas MILLE NEUF CENT QUATORZE !  
Le Dr Nikrapanik s'est à peine reculé au fond de son fauteuil et la regarde effaré.
Iris continue dans la même veine : 
- Et vous alors, vos enfants ? Vous les avez fait avec une bonne reproductrice, à peine sortie de l'adolescence, un bon terreau pour votre petite graine ! pas besoin de médicament chez elle, la ponte, comme qui rigole. Vous lui en avez fait combien Docteur ? Puis, prenant une pose provocatrice, elle susurre :
- A moins que vous ne fassiez dans l'amertume du chercheur raté, le Menguélé de la FIV ! Le Nobel de l'empathie ! L'Einstein du génome ! Pourquoi vous avez choisi ce métier hein ? 
Iris fait volte face et s'immobilise comme si elle venait d'avoir une illumination 
- Ah ! j'y pense à l'instant : la tragédie : votre propre mère est morte en couche ! 
A ces mots, le Dr inspire très fort mais Iris, emportée par son propre jeu, ne le remarque pas et enchaîne : 
- Non même pas, vous rêviez juste de couvrir la planète de jolis poupons bien roses et en pleine santé ! L'obsessionnel du Bébé Cadum ! Le parangon du ...
Pendant qu'Iris continue à faire sa Sarah Bernard, le Dr Nikrapanik, visiblement remué, se lève et d'un pas lourd, s'arrête devant un petit cadre art déco que nous n'avons pas remarqué dans tous ce fatras, qu'il prend avec douceur. Il contourne son bureau et présente le petit cadre à Iris : 
- Vous avez raison : ma mère est morte en couche en 1944. J'avais 3 ans et je ne me souviens pas d'elle. 
Iris, stoppée net dans sa tirade, se fige, les yeux rivés sur la photo en noir et blanc d'une jeune femme souriante coiffée à la mode des années 30.
Le Dr s'adresse à elle comme à une enfant qui aurait fait une grosse bêtise : 
- Vous vouliez savoir autre chose ou puis-je continuer à vous expliquer ce qui VOUS concerne ?